L’ÉLECTRONIQUE : NAISSANCE D’UNE VOCATION

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Comment Angers est-elle devenue une capitale de l’électronique ? Le déclin des industries traditionnelles de transformation des produits de la terre dans les années cinquante invitait à un renouveau radical de l’économie.

L’Anjou connaissait déjà l’industrie électrique et électronique : fabrication de lampes électriques à Saint-Pierre-Montlimart depuis 1911, Société Française Radio-Électrique (SFR, devenue Thomson-CSF) à Cholet depuis 1936.Angers avait de sérieux atouts pour attirer de nouvelles industries : main-d’œuvre, souvent féminine, apte à des travaux de finesse ; cadre de vie agréable ; situation géographique privilégiée ; préfecture, chambre de commerce, municipalité et comité d’expansion actifs. La première zone industrielle périphérique accueille Thomson en 1956-1957, qui s’oriente vers « l’électronique grand public » (transistors, télévisions). L’arrivée de Bull, en 1960, marque de façon éclatante la réussite du New Deal industriel angevin, grâce au système des usines-relais et aux facilités accordées pour l’implantation.

Mais ce qui fit d’Angers une ville de l’électronique, c’est son environnement de ville à écoles et à écoles techniques : Arts et Métiers, École supérieure d’électronique de l’Ouest (ESEO), département électronique du lycée Chevrollier, « bloc électronique » du Centre de formation professionnelle pour adultes, Collège scientifique universitaire. L’ESEO surtout, fondée en 1956 à l’Université catholique de l’Ouest et dirigée par le chanoine Jean Jeanneteau, a accompagné ce nouveau développement économique et lui a ouvert des perspectives. L’audace, la liberté et l’originalité d’un programme d’enseignement soucieux de former des ingénieurs à la souplesse d’esprit capable de toutes les adaptations ont rapidement fait le succès de l’établissement. « Il faut travailler dans le présent, comme si l’on revenait de l’avenir » disait son créateur.

Ainsi est née peu à peu la filière électronique angevine. Périodiquement régénérée, aujourd’hui fédérée sous le label « French Tech » et tournée vers les objets connectés, elle rassemble 7 000 emplois dans le bassin d’Angers.

Sylvain Bertoldi - Conservateur des Archives d’Angers

 

Illustrations

Usine Bull, entrée et bâtiment administratif, avenue du Général-Patton, mai 1985. Archives municipales Angers © Ville d’Angers.

Calculateur Bull GE 400, vers 1967. Archives municipales Angers © Guy Karcher